Bonjour chères lectrices et chers lecteurs.

Aujourd’hui, je vais vous présenter la méthode pour préparer un produit naturel allié du jardinier bio, le purin d’ortie.

Tout d’abord, je tiens à préciser que pour cette préparation, vous aurez besoin d’avoir un espace extérieur à disposition pour le temps de la macération car…ça sent !!!

Et ça sent très fort !!!

Donc, lecteur, lectrice urbaine, en appartement, vous pouvez passer votre chemin.

Mais je vous invite quand même à lire mon article, ça peut toujours servir et puis un peu de culture (bio) ça fait toujours du bien.

Parlons tout d’abord de l’ortie.

Cette plante mal aimé par la majorité des personnes de part son caractère urticant (nom latin, Urtica…) est en fait ce que l’on pourrait appeler une panacée.

En effet, cette rebelle et envahissante dame se pare de bien belles qualités.

Son aspect alimentaire se popularise de plus en plus, de même que ses propriétés médicinales.

Aujourd’hui nous allons découvrir l’aspect phytosanitaire de cette plante.

Au jardin, le purin d’ortie présente différents usages :

  • Activateur de croissance des végétaux (engrais naturel et sain).
  • Répulsif contre les parasites et insectes (pucerons, mouches blanches, etc…).
  • Eliciteur, c’est-à-dire qu’il va déclencher les systèmes de défenses des plantes (stimulation d’antibiotiques naturels). Donc une action forte, entre autres sur les problèmes fongiques, aussi bien en préventif qu’en curatif (mildiou, rouille etc.…).
  • Activateur de compost, de part sa haute teneur en ferments, azote et enzymes diverses.

Matériel nécessaire 

Un équipement basique est nécessaire

Pour obtenir 5 litres de purin d’ortie vous aurez besoin de :

  • 500 grammes d’orties fraiches ramassée dans un endroit exempt de traitements phytosanitaires chimiques.  Le printemps est la période optimale de récolte car c’est le moment ou la plante est en pleine croissance et est au top au point de vue de son activité enzymatique.
  • Une paire de gants (je vous laisse deviner pourquoi…).
  • 5 litres d’eau de pluie ou de source (vous pouvez utiliser de l’eau du robinet à condition de la laisser s’aérer 48 heures pour éliminer le chlore).
  • 2 seaux d’une contenance de 10 litres (il faudra brasser quotidiennement la mixture donc il faut de la place).
  • Une balance de cuisine.
  • Un gros saladier ou contenant équivalent.
  • De la toile alimentaire (bien connue des amateurs de boissons végétales et de tofu maison).
  • De la ficelle.
  • Une paire de gants en plastique.
  • Un peu de patience.

Fabrication

  • Ramassez 500 grammes d’orties. Conseil, utilisez des gants. Il existe apparemment diverses techniques pour ramasser sans se piquer, avec moi ça ne marche pas 😊. Dans la mesure du possible évitez de déraciner la plante pour faciliter la repousse.

500 grammes, ça représente un volume assez conséquent et il se peut que vous ayez à fractionner la pesée.

500 grammes d’ortie dans un saladier, défi accepté !
  • Ensuite, rincez rapidement vos plantes pour retirer les éventuelles poussières et insectes.
  • Coupez grossièrement les orties aux ciseaux.
  • Placez les dans un seau et versez les 5 litres d’eau.
La subtile alchimie de l’eau et des plantes.
  • Fixez la toile alimentaire au-dessus du seau. Pour fermenter, votre mélange doit pouvoir respirer. La toile permet également de protéger votre préparation des diverses polluants extérieurs (poussières, insectes etc…).

Voilà, votre préparation est prête, maintenant il ne vous reste plus qu’à :

  • Placer le seau dans un endroit à l’extérieur, à l’abri de la pluie et si possible pas trop frais (plus les températures sont élevées, plus le purin sera prêt rapidement).
  • Brasser le purin quotidiennement (1 minute suffit) à l’aide d’une spatule en bois, un bâton, un bambou…
Brassage quotidien.
  • Cette opération sera à répéter jusqu’à que le mélange ne dégage plus de bulles. En général, cela prend entre 5 et 15 jours selon la météo.
Certains jours, une quantité impressionnante de bulles peut apparaître.

Votre purin ne dégaze plus ? Il est prêt !!! Passons donc à la dernière étape :

  • Filtrez votre purin grâce à un tamis, puis utilisez de la toile alimentaire pour éliminer le maximum de petits résidus végétaux. Plus la préparation sera exempte de particules végétales, plus longtemps elle se conservera. Pressez bien la masse végétale afin d’extraire le plus de liquide possible (utilisez des gants !!!). Vous pourrez mettre le résidu au compost 😉.
La filtration doit être minutieuse.
Au compost !
  • A l’aide d’un entonnoir, conditionnez le purin d’ortie dans des bouteilles. Il convient de remplir jusqu’en haut du goulot afin d’éviter l’oxydation de l’air qui peut affaiblir le produit.
  • Conservé au frais et à l’abri de la lumière (dans une cave par exemple), votre purin d’ortie sera actif pendant un an.

Utilisation

  • En arrosage, dilué à 20% pour stimuler la croissance et la résistance des plantes. Mais attention de ne pas en abuser car une utilisation trop régulière peut, paradoxalement, inhiber la croissance.

Autre point important, il faudra éviter de l’utiliser sur les plantes en floraison ou en fructification. Le purin stimulant la phase végétative, il sera contreproductif dans ces cas-là.

Personnellement je l’utilise ainsi une fois par semaine sur les plantes qui montrent des signes de carences.

  • En utilisation foliaire (spray) dilué à 10% pour lutter contre les ravageurs (pucerons, aleurodes etc…) une à deux fois par semaine.
  • Dilué à 5% toute les deux semaines en préventif pour éviter l’apparition de maladies cryptogamiques comme la rouille, l’oïdium ou le mildiou. En foliaire également. Attention à bien vérifier le sens du vent lors de la pulvérisation car se retrouver en plein milieu de ce nuage nauséabond n’est pas agréable du tout 😉.

Vous avez dorénavant toutes les clés en main afin de réaliser ce produit si polyvalent pour votre jardin.

N’hésitez pas à poser vos questions en commentaires.

A bientôt.

Nicolas.