Bonjour Eric De Ruest, vous êtes thérapeute aux multiples pratiques et le créateur de Gaïarome, une marque d’huiles essentielles et autres extraits aromatiques basée près de Liège en Belgique. Pouvez-vous nous partager votre parcours de formation en tant que thérapeute ? Etait-ce une vocation précoce ?

 

Pour tout vous dire, je ne me considère pas comme un thérapeute, n’ai pas de cabinet et ne reçois pas en consultation. J’offre souvent des conseils à qui les sollicite, en lien avec mes études en herboristerie et ma formation continue en santé naturelle. Mais cela se fait de façon informelle, autour d’une tisane, au détour d’une conversation dans transport en commun, via courrier et courriel aussi. Et maintenant dans mon espace-conseil, nouvellement installé dans la Haute-Ardenne belge, à Stavelot.

Mes connaissances viennent également de lectures quotidiennes et d’échanges avec des praticiens de santé.

J’ai mis un focus spécifique sur l’aromathérapie ces cinq dernières années, que j’ai explorée en profondeur. C’est un territoire immense et complexe, qui permet de penser le réel au-delà de la matière simple et moléculaire. Il nous ouvre la voie vers une compréhension plus subtile de ce qui fait la maladie et la guérison.  

Et comment en êtes vous arrivé à créer votre propre marque d’huiles essentielles ?

 

Gaïarôme, c’est un destin. Une suite continue de synchronicités qu’il serait fastidieux d’énumérer ici, mais qui m’ont amené à trouver mon chemin, mon ikigai.

J’ai travaillé durant plusieurs années dans une ONG. Avec un focus spécifique sur le concept de ‘Dette écologique’ des multinationales. Mais c’est un univers usant, toujours dans la lutte, la mort, la destruction et jamais dans la victoire. Un beau matin, mon dos s’est bloqué. La symbolique était évidente et j’ai pris à ce moment là la décision de me consacrer au chamanisme et à la guérison naturelle. Soigner les humains plutôt que soigner la Terre. Cela me hantait, clignotait en filigrane dans mon quotidien, bref un appel était là et il fallait lui ouvrir les bras.

La plus belle synchronicité concernant la création de Gaiarome, c’est un parfum que j’ai acheté dans une boutique bio à Liège, lorsque je travaillais encore dans cette ONG. Son odeur m’a captivé, pure magie… Moi qui n’étais pas très parfum à l’époque, il s’est passé quelque chose. Un déclic, une révélation. Quelques mois plus tard, une fois le flacon vide, je retournai dans la boutique et là… plus de parfum. Ils avaient arrêté de le commercialiser. Pensant qu’il s’agissait d’un produit français, je lâchais l’affaire. Plus tard, lorsque je décidais de me former à l’herboristerie, (ce qui se rapproche le plus du chamanisme en Europe), je fis une ballade dans mon quartier et fût attiré par  une odeur divine, envoûtante… je me rapprochai du bâtiment et vis, sur le perron… le logo de mon parfum préféré… Incroyable ! À 500 mètres à peine d’où je vivais !

Je suis entré chez ce grossiste en huile essentielle pour lui en acheter, et c’est là que tout a commencé.  

 

Combien proposez vous d’huiles essentielles différentes ?

 

Gaïarôme, c’est une gamme de ± 180 huiles essentielles, essences et absolues.  

 

Avez-vous un souvenir de votre première rencontre avec les huiles essentielles ?

   

Avant la rencontre avec ce parfum, j’utilisais le tea tree, la lavande, la menthe et le jasmin pour son odeur incomparable.  

 

En avez-vous une ou plusieurs préférées ?

   

C’est difficile à dire car je fais souvent rire les personnes qui me connaissent. Lorsque je présente une huile essentielle, je fini souvent par dire « Celle-là, je l’adore !»… Ce qui fait une liste plutôt longue… Disons que parce que je les ai diétée (il s’agit d’une pratique de découverte de plantes selon une compréhension chamanique), j’ai une affinité particulière avec la sauge blanche, le genévrier et le palo santo. Trois grandes purificatrices selon diverses traditions.

 

Les gens sont très curieux de connaître les procédés de sélection des produits vendus par les laboratoires, pouvez-vous nous éclairer sur votre manière de procéder pour choisir quels producteurs vous choisissez et comment vous contrôlez la qualité de vos extraits aromatiques ?

 

C’est un art complexe, qui englobe la confiance que vous avez dans vos producteurs et dans vos fournisseurs. Ils doivent incarner le changement que vous voulez voir dans le monde. Il est important de vérifier que les travailleurs soient justement rémunérés, c’est pourquoi nous travaillons avec des coopératives agricoles dans le Sud. Nous ne voulons pas que des enfants travaillent dans les champs plutôt que de recevoir une éducation scolaire. Une petite structure comme la notre n’a absolument pas le pouvoir de vérifier tout cela. Mais nous essayons de sélectionner nos partenaires pour que tout aille dans ce sens. Nous ne travaillons évidement pas avec des multinationales, ni des sociétés qui ont comme valeur centrale, la rentabilité maximale.

Ensuite, il y a le nez, l’instinct. Une huile essentielle, ça s’analyse avec les 6 sens. Et l’intuition est un sens qui me sert autant que l’olfaction.

Et bien entendu, la lecture et analyse des analyses de laboratoire afin de voir si ce que nous voulons acheter correspond à ce que nous attendons en terme de composition.  

 

On entend beaucoup parler de bulletins d’analyse ou de chromatographies pour les huiles essentielles pour vérifier leur qualité. Les mettez-vous à disposition de vos clients ?

   

J’essaie, à chaque fois qu’un client me le demande. Mais la gestion des bulletins d’analyses, des fiches de sécurités (SDS) etc. représentent un travail supplémentaire important. J’espère pouvoir engager bientôt une personne pour s’occuper de cette partie qui n’est absolument pas ma préférée.  

 

Vous proposez chez Gaiarome une gamme de produits d’exception destinée à la parfumerie comme le Champaca Rouge, des jasmins, roses, etc. Comment abordez vous la relation entre émotion et olfaction ? Est-ce un outil que vous utilisez personnellement régulièrement ?

 

C’est un parfum qui m’a conduit à Gaïarôme… et j’ai eu d’autres expériences très intéressantes qui font intervenir le pouvoir suggestif des parfums. Il existe une magie des parfums enseignée par des maîtres dans la forêt amazonienne. Les encens sont utilisés depuis des temps fort anciens pour éveiller à la spiritualité et à la guérison. J’ai récemment composé un parfum pour un ami médecin urgentiste, afin de le libérer de la très grande négativité liée à la CoVid19  en milieu hospitalier. Son retour était plus qu’élogieux, « Mieux que les benzodiazepines » me dit-il. Il faut dire que je lui avais concocté un mélange basé sur deux plantes ramenées du Pérou et qui macéraient dans de l’alcool depuis plusieurs mois.

 

Vous êtes très sensible à la dimension sacrée des plantes, aux rites chamaniques, au pouvoir énergétique du vivant… D’où vous vient cette passion ?

   

Comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais petit. J’ai vécu vers l’age de 6 à 7 ans de nombreuses sorties hors du corps. Avec le tunnel de lumière, et des entités etc. Toute cette phénoménologie que l’on étudie maintenant dans les plus sérieuses universités. Ce fût une entrée en la matière pour le moins intense. On dit que ce sont des expériences profondément transformatrices, il m’est difficile de dire si ce fut le cas pour moi, à cet age là. Mais je sais que j’ai toujours été attiré par le monde amérindien, par les cultures pré-hispaniques et le dessin animé ‘les mystérieuses cités d’or’ ont été pour moi une révélation. J’ai su qu’un jour j’irai visiter le pays des Incas.

J’ai toujours su qu’il y avait une réalité plus complexe au-delà de nos cinq sens. Que notre monde n’est qu’une toute petite partie d’un grand tout incroyablement plus complexe que ce que nous ne pourrons jamais comprendre. Puis j’ai découvert, petit à petit que certains humains avaient la capacité de dépasser nos limitations culturelles. Alors j’ai investigué cette question rendue centrale dans mon existence par ces expériences de mon enfance. Et plus j’investiguais, plus je me sentais lié à cette réalité subtile, jusqu’à ce que je décide de partir Au Panama, Equateur et Pérou à la rencontre d’herboristes et de guérisseuses et chamanes.  

 

Pouvez-vous développer ? Vous proposez d’ailleurs de belles synergies dans vos gammes « Les Sensitives » et avec votre parfum « Sagrado » à base d’huiles sacrées… Seriez vous une sorte de parfumeur énergétique ?

   

La gamme sensitive, comme le parfum Sagrado, ce sont des moments d’intuition, de fulgurance. Les proportions me viennent immédiatement. Sagrado est clairement la résultante de mes sorties du corps. C’est un parfum au pouvoir purificateur, comme une réponse aux entités négatives rencontrées dans cet endroit sombre et si particulier de mes expériences.

La gamme sensitive, c’est un chemin de transformation individuelle. Elle reprend les grandes étapes nécessaires, pour passer de l’état d’humain en lutte pour sa survie vers un chemin de transcendance. Les compositions sont élaborées pour faire appel à la délicieuse complexité du monde végétale et de tout ce que la nature a à nous offrir pour nous accompagner dans notre évolution.  

 

Vous semblez également très intéressé et également impliqué par la sphère politique. Quelles sont les valeurs que vous défendez au sein de cet engagement ?

 

Il est vrai que j’ai été invité, il y a de cela quelques années, à rejoindre une liste électorale qui défendait des valeurs humanistes et écologiques. J’ai accepté l’offre parce que je suis curieux de nature et plutôt de tendance libertaire. C’était une sorte de private joke que je m’offrais. Mais ce fût la aussi, querelles d’égos et conflictualité insolubles. Et lorsque je réfléchis à une meilleure façon de fonctionner, je retourne vers l’organisation tribale, le conseil de sages. La cité politique est de toute façon vouée à s’effondrer.  

 

Avez-vous des projets à venir de nouvelle gamme, de livres, etc. ?

   

Le confinement m’a offert un espace de réflexion inhabituel. Et m’a donné envie de rendre plus de place à l’herboristerie et à la diététique, intégrées dans une recherche d’amélioration personnelle. Je pratique les arts martiaux internes depuis plusieurs années et je vis actuellement un appel important vers le taoïsme, issu du chamanisme asiatique. J’ai bien envie de prendre prochainement la route vers ces contrées et voir ce que le destin mettra sur mon chemin. Je pourrai vous en dire plus une fois revenu… Peut-être entamerais-je alors la rédaction d’un ouvrage sur les plantes les plus sacrées parmi les sacrées, celles à qui l’on confère le pouvoir de rendre immortel…  

 

Retrouvez toutes les huiles essentielles ainsi que la Synergie « Connexion Divine » sur le site Gaïarome: https://www.gaiarome.com/

 

Je vous remercie pour votre temps et invite nos lectrices et nos lecteurs à vous retrouver ici : Gaïarome : https://www.gaiarome.com/ Facebook : https://www.facebook.com/gaiarome/ « Un herboriste chez les chamanes » : https://www.youtube.com/watch?v=l_oRreiCO1Q