Bonjour Anne-Laure, pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ?

 
Bonjour, je suis naturopathe depuis presque 20 ans après une reconversion. Je suis venue à la naturopathie suite à des problèmes de santé non résolus par l’allopathie alors que je vivais en Thaïlande. Là-bas, j’ai fait de belles rencontres de thérapeutes en santé naturelle qui m’ont aidée à aller mieux et cela m’a donné envie d’apprendre la naturopathie et le massage à mon retour en France (au CENATHO à Paris). Puis en 2010, en découvrant la méditation de reliance avec la nature, j’ai eu envie de rencontrer les plantes par l’aromathérapie dont j’ai fait ma spécialité. C’était comme une « rencontre avec le vivant » : contacter l’aspect holistique des huiles essentielles.
Aujourd’hui je suis installée près de Fontainebleau où je donne des cours d’aromathérapie dans mon propre organisme de formation. J’accompagne les personnes à distance et me déplace dans toute la France dans les établissements de soin pour former les soignants à l’utilisation de l’aromathérapie pour améliorer le confort de leurs patients.  

 

Selon vous, quelles sont les qualités les plus précieuses des huiles essentielles ? En quoi jouent-elles un rôle dans l’immunité ?

 

Les huiles essentielles nous apportent des résultats physiques rapidement tout en étant aussi de formidables alliées sur le plan subtil et vibratoire. Elles sont bien plus qu’une synergie moléculaire : lorsqu’elles sont de qualité, elles génèrent une vibration vivante qui va au-delà de la composition aromatique chimique (totums). L’aromathérapie est une alchimie qui allie la puissance des totums à leurs actions sur nos états émotionnels et énergétiques.

Concernant l’immunité, les huiles essentielles ont une action régulatrice de terrain : c’est à dire qu’elles vont influer sur différents paramètres comme la correction de l’alcalinisation organique et de l’oxydation (vieillissement cellulaire), ainsi que l’augmentation de la résistivité qui permet de s’opposer à la la diffusion de l’infection et des toxines dans notre organisme. D’autre part, certaines huiles essentielles ont prouvé leur efficacité pour notamment « remonter » les « natural killer » ; des cellules du système immunitaire. Une de mes préférée reste le thym à linalol car elle est très adaptée à la maladie : sur le plan physique elle est immunostimulante et anti-infectieuse, sur le plan émotionnel elle apporte courage et convalescence. J’aime faire des synergies qui combinent l’action des molécules aromatiques aux pouvoirs émotionnels spécifiques.  

 

Vous accompagnez les établissements de soin dans l’intégration de l’aromathérapie dans leurs protocoles : Quels sont les intérêts ? Comment accompagnez-vous les soignants ?

 

Les huiles essentielles en milieu hospitaliers permettent d’apporter plus de conforts aux patients en apaisant le stress et la douleur, voire même de diminuer (ou éviter) la prise de certains médicaments. Dans leurs utilisations, je commence par des soins en olfactothérapie car c’est le plus simple à mettre en place (par exemple quelques gouttes sur une compresse) : cette application a très peu de contre-indication, elle permet d’apporter des soins individuels qui ne vont pas impacter les voisins de chambre ni le service. Ensuite, si le personnel est plus à l’aise, je propose la diffusion qui nécessite une organisation plus lourde du fait de son étendue spatiale, son séquençage dans la journée… Cette technique est très adaptée pour désodoriser les chambres ou les couloirs (odeurs de cuisine, de plaies, d’escarres), lutter contre les maladies nosocomiales ou les épidémies grippales, gérer le stress… Enfin, si le personnel est bien formé, j’intègre les applications cutanées : elles demandent plus d’expertise en terme de mélanges, dilutions et de manipulations. Cette voie d’administration est très efficace pour les douleurs (musculaires, digestives, cicatricielles…) et les patients en fin de vie (accompagner par le touché).

Pour les soignants, proposer de l’aromathérapie aux patients permet de recréer du lien, plus d’humanité, de retrouver un sens dans leur travail : l’aromathérapie est toujours adaptée à leur service et aux besoins de leurs patients (efficacité, innocuité, adhérence à l’odeur). Mon processus d’accompagnement s’étend sur plusieurs mois : avec les soignants (dont les médecins) et la hiérarchie, je monte un véritable « projet d’établissement ». J’aborde des questions pratiques relatives aux objectifs, au budget, au lieu d’achat du matériel… pour aboutir à l’écriture d’un référentiel d’aromathérapie et des protocoles validés par la direction. Ensuite je forme les équipes et, en dernier lieu, des supports sont créés tels que des fiches pour les soignants et les patients.  

 

Quels sont vos retours d’expérience sur l’utilisation de l’aromathérapie en centres de soins ?

 

En soin palliatif, les huiles essentielles sont utilisées en massages (je forme certains soignants aux massages des mains et avants-bras), en diffusion ou en olfactothérapie : elles permettent de créer un environnement apaisé favorisant le lâcher prise des patients et des familles. Le fait de respirer les fragrances des huiles essentielles permet d’agir sur nos états émotionnels via le cerveau limbique, sans analyse par le mental. Les odeurs vont également agir sur le système nerveux central. C’est un outil très puissant pour se détendre ou méditer et surtout pour rencontrer la plante, se laisser guider par elle pour avoir accès à des compréhensions intérieures ou des ressources. Les huiles essentielles relaxantes comme celles de Lavande vraie, d’Ylang ylang ou d’Orange douce sont associées à des huiles essentielles plus rares et précieuses favorisant l’intériorité comme le Nard de Himalaya ou la Myrrhe.

En service oncologie, ce sont les sticks olfactifs pour les nausées qui fonctionnent très bien avec les huiles essentielles de menthe poivrée, d’essence de citron et de gingembre.  

 

Quelle est votre huile essentielle préférée ?

 

Dès la première rencontre, le Nard de Himalaya est mon huile préférée (issue des racines d’une petite fleur qui pousse à 3000 m d’altitude) par son action énergétique d’ancrage, d’alignement et de mise en lien avec son être. Elle met à distance les pensées ou émotions perturbatrices et permet de gagner en paix. Son action sédative est très efficace pour tous les problèmes d’insomnie liés à des stress et des émotions fortes. Je l’utilise principalement en olfaction pour éviter d’acheter trop de flacons et pour protéger la plante qui a été abusivement exploitée. Elle sent la « tourbe » : son odeur n’est pas particulièrement agréable au début, puis lorsque l’on commence à voyager avec elle l’effet devient spectaculaire, incroyable : comme une méditation, un encrage.

 
 

Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage « L’aromathérapie pour les soignants, éditions Dunod » ?

 

C’est un livre que j’ai écrit pour donner un guide pratique aux soignants – en établissements de soin ou en cabinet – dans leur utilisation auprès des patients. Il remporte un franc succès. En première partie il couvre toute la théorie de base et en deuxième partie les thématiques de soin avec des huiles essentielles : troubles nerveux, respiratoires, digestifs ou gynécologiques, puis les plaies, la grossesse, la maladie d’Alzheimer, l’oncologie, la fin de vie. Pour que cela soit le plus complet possible, j’ai également voulu couvrir l’aromathérapie pour la partie émotionnelle et les techniques énergétiques. J’ai écrit l’ouvrage qu’il me manquait en fait ! Dans aucun livre je ne trouvais d’études étayant les retours d’expériences d’aromathérapeutes, médecins ou pharmaciens, utilisant les huiles essentielles dans leurs pratiques. Nous sommes une belle communauté et il est dommage que les partages ne se fassent pas plus. J’en profite pour remercier tous les thérapeutes qui ont répondu présent en partageant leurs expériences.

 

 

Quelle est la plus belle chose que vous avez pu vivre en tant que thérapeute cette année ?

 

Lorsque mes clients retrouvent sérénité et confiance en eux après une séance de relaxation olfactive : j’aime les voir gagner en assurance et en autonomie.

Je pratique le ressenti des huiles essentielles par l’olfaction depuis le début de mon apprentissage. Quand je voulais “apprendre” sur une huile essentielle c’est en la respirant que je m’imprégnais d’elle. Avec le confinement, les fragrances m’ont semblée créer un lien entre les amoureux des huiles essentielles. De les respirer nous détend, nous guide vers notre intériorité pour trouver des ressources intérieures cachées. Leur action sur le système nerveux central apaise ou stimule.

Je lance donc un groupe d’olfaction en ligne sur 6 mois. Tous les mardis nous nous retrouvons avec une huile essentielle en lien avec la saison et les besoins du moment pour pratiquer l’olfaction, partager nos ressentis et réviser sur les propriétés des plantes.

Pour en savoir plus sur Anne-Laure Jaffrelo, rendez-vous sur son site web : https://aroma-massage.fr/

Vous découvrirez trois guides offerts :

  • « Soulager ses patients »
  • « Devenir référent en aromathérapie »
  • « Prendre soin de soi et de sa famille »

La liste de ses ouvrages : https://aroma-massage.fr/livres/