Bonjour Jean-Patrick, vous êtes le créateur de NaturaCelt et vous produisez et distillez des huiles essentielles à Guiclan près de Morlaix en Bretagne.

Quel parcours personnel et professionnel vous ont amené à distiller des huiles essentielles ?

Depuis toujours, je suis un passionné par les arbres, plantes et la Nature en général. Originaire de Lorraine, j’ai fait mes études supérieurs à l’ Université de Nancy puis à Angers. Durant ces années d’études, je me suis concentré sur le fonctionnement des plantes et leurs interactions avec le sol, les animaux, bactéries, … et les autres plantes. Bien évidemment, la chimie, la biochimie, les analyses de laboratoire et la sécurité ont eu une place importante dans mon cursus. Après cela, ayant travaillé de nombreuses années dans le domaine de la recherche, j’ai voulu produire des choses moi-même et tout naturellement, je me suis orienté vers la production de plantes bonnes pour la santé et leur transformation en huiles essentielles.
 

Comment avez-vous appris à distiller ? Nous sommes souvent approchés par des futurs producteurs-distillateurs qui aimeraient se former, et cela ne semble pas simple…

J’ai appris la distillation durant mes années universitaires qui m’a permis d’apprendre les bases théoriques. Les expériences pratiquent d’autres distillateurs m’as permis d’affiner mes compétences. Avec du recul, une formation en école aurait pu être bénéfique pour moi pour avancer plus vite.

Pouvez-vous nous parler de votre mode opératoire ?

La production ou la cueillette de plantes de qualité est indispensable à la transformation en hydrolats et huiles essentielles de qualité. La théorie de la distillation est assez simple, mais il faut bien maitriser les étapes pour arriver à un produit finale supérieur : pureté de l’eau utilisé, température et pression de la vapeur, acier inoxydable pour le matériel, stockage, …

Vous disposez d’une gamme réduite mais qui comprend quelques raretés. Quelles sont les huiles essentielles et hydrolats dont vous souhaiteriez nous parler ?

En fait, ce sont mes clients qui les utilisent et en parlent le mieux ! Le Laurier Noble (Laurus nobilis) sous ses formes hydrolats et huiles essentielles est utilisé par mes clients pour ces propriétés anti-infectieuses, cicatrisantes et anti-inflammatoire. Mes clients les utilisent pour les aider sur de nombreuses problématiques : acné, gingivites, aphtes, maux de gorge, gastro, mycoses, herpes, sciatique, … Il remplace donc localement, le tea tree ou arbre à thé tant exploité.

 

Il y a aussi la Carotte Sauvage qui est détoxifiante et régénératrice. Les clients font des cures de détox et de régénération. Ils l’utilisent aussi dans leur crème cosmétique fait maison.

Le plus rare est le Cryptomeria (Cryptomeria japonica), plante sacrée du Japon qui a su se plaire en Bretagne avec un climat similaire. Mes clients le préfèrent à la Gaulthérie car son odeur est plus agréable, boisé avec une efficacité identique. Elle est aussi importante en diffusion pour une ambiance boisé, apaisante, zen.

Avez-vous en projet de travailler de nouvelles plantes dans les prochains temps ?

Je suis toujours en veille sur la production de nouvelles plantes en fonction de leurs propriétés, de la demande et de leur adaptation au climat breton. J’ai commencé le chanvre l’année dernière. Je fais quelques essais de production de curcuma en serre.

Vous produisez également un peu de chanvre, quels sont ses apports et sous quelle forme le vendez-vous ?

Je produits pour le moment surtout de l’hydrolat de Chanvre (Cannabis sativa). L’hydrolat de chanvre est très doux pour la peau. Il va apporter hydratation, purification et va apaiser la peau. Il peut aussi être incorporé dans les cosmétiques maison dans des soins hydratants et biphasiques.

Savez-vous si nous pourrons vous retrouver bientôt sur des salons ?

Avec cette maladie COVID-19, de nombreux salons ont été perturbé. Le prochain salon est le salon de Huelgoat des 17 et 18 octobre 2020 et au printemps, les foires Bio de Landerneau et de Riec ou Tregunc. Je suis toujours à la recherche de foire ou salon dans le grand ouest. Je préfère aller dans des salons dans des villes plus petites où il y a moins de concurrences des grandes enseignes marketing.