Bonjour Frédéric David, vous êtes l’initiateur de Demain Vendée, un média positif tourné vers l’humain, l’écologie et la culture qui se décline sur site Internet, Facebook et plus récemment sous la forme d’un magazine papier distribué dans près de 70 points de vente dans le département. L’aventure de Naturorama ayant débuté en Vendée, nous vous avions soutenu au tout début du projet, que de chemin parcouru !

 

Pouvez-vous nous donner quelques chiffres pour commencer… Combien êtes-vous maintenant à gérer et écrire pour Demain-Vendée ? Comment se compose l’équipe ?

En effet, merci tout d’abord à Ulrich et Naturorama pour avoir très tôt soutenu la naissance de notre média «positif» en Vendée, c’était en 2017. Nous sommes désormais bien ancrés localement. 6 membres actifs dont 1 salarié, des prestataires, 1 service civique et des stagiaires assurent la coordination et l’animation du média, et puis une vingtaine de contributeurs bénévoles, dont des rédacteurs participent également à cette aventure.

Notre collectif s’appuie sur une convergence de compétences complémentaires au service d’une «information qui inspire et donne envie d’agir», notre slogan. Illustrateur, vidéaste, rédacteurs, infographiste sont ainsi réunis autour de valeurs communes sous la forme associative.

Quels sont les formats d’articles que vous proposez sur votre Plate-forme ?   A quelle fréquence ? Sur quels sujets ?

Le web-média www.demain-vendee.fr se décline en articles photos, reportages vidéo et encore podcasts audios. Ainsi chaque semaine , sont proposés d e nouveaux contenus à la rencontre des acteurs du changement en Vendée.

Conscients des limites physiques et spirituelles de tout un système, les films « En Quête de Sens » e t « Demain » ont suscité en nous l’envie d’être, non plu s spectateurs d’un mauvais spectacle, mais bien acteurs d’un nouveau récit. Convaincus qu’elle a un rôle à jouer, nous nous engageons avec Demain-Vendée, dans une information qui questionne le sens de nos activités humaines , une information « locale et de saison », une « slow-info » qui prend le temps d’explorer et d’expliquer. Une information qui ne cède pas au catastrophisme, à la résignation ou à l’indifférence, mais qui propose des solutions et des alternatives. Ce journal a vocation à créer des liens, inspirer et donner envie d’agir.

Produire une information positive, c’est aussi faire la part belle à l’analyse et à l’esprit critique sans complaisance. Être positif, c’est également interroger nos pratiques à l’aune de l’urgence environnementale et sociale, sans tomber dans le panneau des fausses solutions miracles.
Et c’est au travers de l’agriculture, l’éducation, la santé, l’économie, l’habitat, l’énergie et encore la connaissance de soi que nous découvrons chaque jour de nouvelles expérimentations , des projets et des solutions concrètes déjà bien ancrées, qu’elles émanent de citoyens, d’associations, d’entreprises mais aussi des collectivités. Autant d’initiatives individuelles et collectives qui donnent de l’espoir, autant de solutions locales qui s’offrent à nous et nous donnent concrètement les moyens d’agir.

En donnant la parole à ces hommes et ces femmes qui revisitent la notion de sens, de coopération, de respect du monde vivant sous toutes ses formes, c’est sous l’angle de la sensibilité humaine que nous tissons des liens. Nous n’avons pas l’intention de convaincre, mais plutôt de permettre à chacun d’avancer librement, et à son rythme, dans ses réflexions. Car c’est aussi par le changement intérieur que notre monde extérieur se transformera.

Savez-vous comment se décompose votre audience et combien de personnes elle représente ?

Ce sont 10.000 abonnés qui nous suivent sur les réseaux sociaux (facebook, twitter, instagram, YouTube ou encore Linkedin), et puis à ce jour près de 100.000 visiteurs uniques qui sont venus consulter nos différents contenus. Evidemment, nous avons capté l’attention de personnes déjà sensibilisés aux enjeux de transition mais avec période de confinement, de plus en plus de personnes se sentent concernées par ces questions, l’éveil des consciences est grandissant, l’envie de s’inscrire sans un nouvel art de vivre, de se reconnecter à soi, aux autres, au Vivant.

Dans quelle mesure Demain Vendée est-il un média participatif ?

Notre média est participatif car le comité de rédaction est ouvert aux contributeurs bénévoles. Si vous avez le goût de l’écriture, et l’envie de valoriser les initiatives du territoire, il suffit de nous rejoindre, nous accompagnons à travers des workshop les nouveaux venus, à travers une charte rédactionnelle et une bonne appréhension de notre ligne éditoriale. Nous souhaiterions ouvrir cela pour les contenus audios en permettant aux contributeurs bénévoles d’enregistrer des émissions de radios itinérantes aux quatre coins du département.

Vous proposez une “Carte des solutions”, un “Agenda”… Ces solutions sont très pratiques pour les usagers du site, et en même est un vecteur de rencontre énorme. Vous devez connaître toutes les personnes les plus passionnantes qui vivent ou passent en Vendée ! Est-ce qu’il y a eu, depuis le lancement du projet, une ou plusieurs rencontres marquantes pour vous sur lesquelles vous auriez envie de revenir ?

Lorsque nous avons tiré le fil des initiatives et solutions inspirantes sur le territoire, ce fut le début d’une incroyable aventure humaine en effet. Chaque projet, chaque personne rencontrée est une incroyable source d’inspiration pour ce nouveau
monde auquel nous aspirons. Ces lieux qui reconnectent l’Humain aux équilibres du Vivant sont évidemment régénérant, tout comme les belles âmes qui les portent. J’ai particulièrement apprécié nos échanges avec Alex Ferrini réalisateur des films Régénération et En liberté, Marc de la Ménardière, co-réalisateur du road-movie En Quête de Sens et puis dernièrement Eric Julien, géographe et ambassadeur des Kogis de Colombie, que nous avons eu l’opportunité d’interviewer.

Quel cheminement personnel vous a amené à créer Demain Vendée, à quitter votre emploi, et à vous lancer dans l’aventure pleinement ?

2012, année que certains annonçaient comme la fin du monde, était plutôt un sas d’ouverture vers un nouveau monde pour moi et beaucoup d’autres. Je me suis laissé porter par cette énergie du renouveau. Après avoir longuement chercher à comprendre le monde (géopolitique, stratégies des pouvoirs, conditionnements humains ), j’ai perçu le côté sombre des rouages de notre société, de l’asservissement des humains à la dégradation de l’écosystème, l’épuisement des ressources, mais surtout la perte de repère et la vulnérabilité d’une grande partie de la population. Le film En quête de sens est venu marquer cette mutation personnelle, les récits lumineux de Pierre Rabhi et tant d’autres sont venus réveiller en moi l’envie d’agir. J’ai donc quitté, à 40 ans, les sphères industrielles où je ne m’épanouissais pas vraiment, pour libérer mes énergies créatives et journalistiques en créant Demain-Vendée.

Pensez-vous que le modèle de fonctionnement de Demain Vendée puisse être exportable sur d’autres territoires ? Avez-vous déjà été en contact avec d’autres personnes qui souhaiteraient prendre exemple sur vous pour lancer leur propre média local ?

D’autres médias « de solutions » existent déjà, à Nantes avec «Les Autres Possibles», «Toutvabien» à Lyon, et puis le média «Vivant» en Poitou-Charentes. Ces derniers nous avaient sollicités l’année dernière pour connaître notre fonctionnement et modèle économique.

Est-ce que cela vous plairait de développer un réseau de médias Demain – X, Demain – Y, voire un réseau national sur le long terme ?

On peut s’inspirer les uns les autres, mais rester créatif aussi. Les médias de proximité qui éclairent les alternatives positives vers une nouvel art de vivre trouveront naturellement leur place, chacun à leur manière, selon les spécificités humaines et innovantes de leur territoire. Donc pour répondre à cette question, non, ce n’est pas une ambition que de dupliquer notre média sur d’autres département, sauf si on nous sollicite pour cela. Nous nous attelons plutôt à créer des liens et favoriser les synergies localement, à travers notre réseau DemainVendée, constitué d’acteurs du territoire, tous engagés dans un changement de paradigme humain et sociétal.

Avez-vous des besoins actuellement pour la pérénnité de l’association et de l’activité de Demain Vendée ? Des projets pour le futur ?

Nous avons fait le choix d’aller vers une diversité des sources de financement qui permet la stabilité relative du modèle économique en limitant la prépondérance de l’une ou l’autre des sources de financement. Le modèle économique de DemainVendée est donc basé sur une hybridation des ressources entre revenus privés, revenus publics et autofinancement. Ces revenus se composent des services de visibilité proposés par l’association, des abonnements au journal papier de partenariats avec les acteurs locaux, des dons et des subventions de l’ Etat et des collectivités territoriales , d e s prestations fournies par l’association telles que actions d’éducation aux médias, l’organisation de conférences, de projection-débats, ou encore de réalisation de contenus vidéo.

L’idée est de favoriser une multitude de partenaires de taille moyenne plutôt que quelques partenaires de taille importante, dans le but de limiter d’éventuelles pressions financières et / ou politiques et donc de garantir l’indépendance du média. Il s’agit également d’impliquer toutes les parties prenantes qui gravitent autour de Demain – Vendée , à leur échelle et à la hauteur de leurs moyens : contribution des lecteurs , des bénévoles , des structures sympathisantes , partenaires institutionnels, etc.

Les évolutions et projets de Demain-Vendée tournent actuellement autour du développement du réseau d’acteurs du territoire qui se reconnaissent dans les valeurs que nous portons, et notamment les porteurs du projet. Nous aimerions proposer un sas d’accompagnement «Régéner’action» qui soutient les projets qui reconnectent l’Humain au Vivant.

Je vous remercie pour votre temps et invite nos lectrices et nos lecteurs à vous retrouver ici :