On l’appelle SPM ou PMS (premenstrual syndrom) pour nos voisins anglo saxons, il touche 75% des femmes 1 et on estime qu’environ 30% d’entre elles ont des symptômes intenses au point d’interférer avec leur activité 2 vous l’aurez compris, nous allons parler du syndrome pré-menstruel.

 

Le syndrome prémenstruel ou SPM est un déséquilibre fréquent chez les femmes qui occasionne de nombreux troubles physiques et ou psychiques plus ou moins difficiles à vivre selon l’intensité des symptômes, justement parlons des symptômes!

 

On en dénombre près de 120 allant de la migraine à la saute d’humeur en passant par les crampes utérines, la dépression ou encore l’insomnie, cette pluralité de manifestations symptomatiques rend le diagnostic parfois difficile à poser par le médecin, ce qui implique une prise en charge qui n’est pas toujours adaptée.

 

Parlons de la prise en charge allopathique de ce syndrome. 3

La médecine conventionnelle propose différents traitements, la majorité d’entre eux sont médicamenteux:

  • Les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) tels que: l’ibuprofène, le paracétamol, flurbiprofène
  • Les contraceptifs oraux continu (type Cérazette)
  • Antidépresseurs, anxiolytiques
  • Diurétiques
  • Patch d’oestrogène, de progestérone
  • En dernier recours: la chirurgie avec ablation des ovaires

  

Cette prise en charge est donc symptomatique, elle traite les manifestations désagréables de ce syndrome mais ne prend pas en compte: les causes, la constitution, ni le terrain, et propose peu de solutions prophylactiques, ce qui est d’après nous, est regrettable.

Ceci nous amène à notre premier point:

 

Les causes du Syndrome prémenstruel

 

Les causes ne sont pas encore clairement définies par la communauté scientifique, cependant certaines pistes sont privilégiées:

 

1: Le déséquilibre de la balance oestrogènes/progestérone

Dans la seconde partie du cycle (après le pic ovulatoire) le taux d’oestrogène a tendance à baisser, tandis que le taux de progestérone doit augmenter, mais ce n’est pas toujours le cas.

 

Les œstrogènes favorisent la rétention d’eau (notamment au niveau de la poitrine = mastose mammaire), ce qui implique une autre hormone: l’aldostérone, produite par nos glandes surrénales qui accentue la rétention d’eau dans les tissus, la progestérone sécrétée dans la 2eme partie du cycle permet normalement de rétablir ce déséquilibre car elle est antagoniste à l’aldostérone, mais si cette sécrétion est insuffisante par rapport aux œstrogènes, alors l’action de l’aldostérone ne peut être régulée, apparaît donc un déséquilibre.

 

2: L’insuline

A l’approche des règles, certaines femmes souffrent de fringales sucrées qui peuvent occasionnées des hypoglycémies, ces variations de glucose sanguin sont vécues comme un stress par l’organisme qui va sécréter de l’adrénaline et du cortisol (d’autres hormones surrénaliennes) qui vont perturber l’action de la progestérone, car elle est en compétition avec le cortisol pour se fixer sur les récepteurs cellulaires, ce qui entraînera une diminution de l’action de cette pauvre progestérone au profit du cortisol.

 

3: Les carences: en Magnésium et Vit D

De nombreuses études ont montré qu’une supplémentation en Magnésium 4 et/ou en vitamine D 5 améliore significativement les symptômes du syndrome prémenstruel et une supplémentation permet de prévenir les futures manifestations douloureuses.

 

4: Le foie

Une insuffisance et/ou une surcharge hépatique peut jouer un rôle dans le SPM, car c’est lui qui est chargé de dégrader les oestrogènes en excès et de limiter la genèse de molécules oestrogéniques persistantes qui peuvent promouvoir l’inflammation et la croissance de tissus malsains.

Il existe de nombreux facteurs influençant ces déséquilibres hormonaux:

  • Une alimentation riche en sucres et produits raffinés
  • Les excitants (café, thés, .)
  • Les perturbateurs endocriniens (produits laitiers, viande, mais aussi certains produits phytosanitaires) 6
  • l’alcool, le tabac, la pollution
  • Le manque d’exercice
  • La dysbiose intestinale

 

Une autre cause est à l’étude, celle de la protéine C Réactive appelée CRP, L’étude scientifique7 (menée sur plus de 3000 femmes) suggère que ces symptômes sont provoqués par une inflammation aiguë, liée à la présence d’une protéine, la protéine C réactive, cette dernière, synthétisée par le foie, apparaît dans le sang en cas d’inflammation de l’organisme.

 

Si nous prenons un peu de recul concernant les différentes causes, on observe que l’inflammation est au coeur de cette problématique: Alimentation riche en sucres et produits raffinés, surcharge émonctorielle, dosage sérique de CRP, dysbiose intestinale, consommation d’alcool, tous ces éléments sont considérés comme des vecteurs d’inflammation.

 

Par chance! voici autant d’éléments que la naturopathie sait très bien prendre en charge, ce qui nous amène à notre second point:

 

L’apport de la Naturopathie dans la prise en charge du SPM

 

Il existe de nombreuses solutions permettant de retrouver un confort de vie et une homéostasie du corps mais il faut en premier lieu traiter trois points essentiels:

 

Etape 1: Rééquilibrer son alimentation

 

Limitez au plus possible les aliments suivants:

 

  • les céréales et sucres raffinés
  • les excitants (café, thés, sodas…)
  • les produits laitiers (surtout issus du lait de vache)
  • les aliments transformés
  • les plats préparés
  • les fast food
  • le gluten
  • les anti nutriments: acide phytique et lectine

 

Augmentez au plus possible la consommation des aliments suivants:

 

  • les protéines et les acides gras au petit déjeuner (préférez les au aliments sucrés)
  • les fibres (solubles et insolubles) présentent en grande proportion dans les fruits, les légumes, les légumineuses, les graines… (pour les légumineuses et les graines, il conviendra de les faire tremper pour éliminer l’acide phytique et les lectines)
  • les acides gras polyinsaturés et monoinsaturés (surtout les oméga 3, 6 et 9)
  • les aliments bruts
  • les produits issus de l’agriculture biologique surtout en ce qui concerne la viande et les produits laitiers afin de limiter la présence de perturbateurs
  • ne pas faire l’impasse sur les acides gras saturés de bonne qualité comme le jaune d’oeuf cru, l’huile de coco, le beurre au lait

 

Etape 2: Équilibrer le terrain, et déto ifier l’organisme

 

  • Équilibrer le terrain et détoxifier l’organisme: Pour cela pas de secret, il faut consulter un professionnel de la santé car chaque individu est unique et nécessite une prise en charge adaptée à sa constitution et à son

 

Etape 3: Combler les carences

 

  • Le calcium: nous remarquons un rapport calcium/magnésium plus faible chez les femmes (et les hommes transgenre) touchées par le SPM, d’autre part, des études 8 montrent que la supplémentation en calcium est efficace dans la prise en charge de cette problématique.

Aliments riches en calcium: algues, sardines avec arêtes, les choux, les fruits à coques, les crucifères.

–    Les vitamines du groupe B: interviennent dans la synthèse de nombreux neurotransmetteurs, ainsi, une carence pourrait favoriser un déséquilibre sérotonine/dopamine.

Dans la gestion du SPM, celle qui nous intéresse particulièrement c’est la vitamine B6 (couplée au magnésium) qui est essentielle au fonctionnement d’une enzyme permettant de transformer les oméga-6 en “prostaglandine de paix” reconnus comme un frein à l’inflammation. 9

  

Etape 4: Stabiliser le climat hormonal naturellement

 

  • Le Gattilier 10 présente un intérêt tout particulier dans la régulation endocrine, en effet, il agit au niveau de l’hypophyse et permet d’augmenter très légèrement le niveau de progestérone et ainsi équilibrer la balance oestrogène progestérone.

Mais sous réserve d’avoir un taux de LH (hormone lutéinisante) dit “normal” (cf le tableau ci dessous), en teinture mère ou en gélule (Extrait de plante standardisé 500 mg/gélule)

 

  • L’achillée millefeuille11 Cette plante est une féministe, pour les femmes, elle a tout bon, à la fois antispasmodique, anti-inflammatoire, emménagogue, elle soulage efficacement les douleurs liées au règles 12

Préférez la en teinture mère ou en gélule (extrait de plante standardisé à 500mg/gélule)

Elle est également très intéressante dans la régulation du cycle menstruel.

RÉSULTATS NORMAU (MUI/ML OU UI/24 H)

Sérum Urine
Avant puberté < 1,5 <5
Phase folliculaire 2-12 2-20
Pic ovulatoire 10-75 10-40
Phase lutéale 1-17 2-10
Préménopause < 10 2-10
Ménopause 15-80 10-50

 

  • L’aromathérapie:

Les huiles essentielles, sont de véritables concentrés d’intelligence végétale, afin de prévenir et soulager les douleurs liées au syndrome prémenstruel, nous conseillons de commencer à les utiliser 72h avant l’arrivée des menstruations, afin de décongestionner la région pelvienne, de limiter la réaction inflammatoire et les spasmes liés à l’évacuation de l’endomètre.

 

Pour ce faire, voici une synergie, simple et efficace:

 

HE de Lavandin super                            – 1,5 ml

HE de Basilic tropical                            – 3 ml

HE de Petit grain bigarade                   – 1,5 ml Huile végétale de calophylle QSP 20 ml

 

Appliquez 7 gouttes du mélange sur le bas du ventre et le bas du dos 2 à 3 fois par jour avant et pendant les règles.

 

Afin de prévenir une réaction allergique appliquez 1 goutte de la synergie dans le pli du coude, si aucune réaction apparaît dans les 48h qui suivent l’application, c’est OK

Contre-indiqué chez la femme allaitante, si vous êtes épileptique, demandez conseil à votre médecin traitant.

 

Amandine Béroudiau Naturopathe, Aromatologue Thérapeute Méthode JMV Mon site WEB

 

1 (d’après une étude de 2007 Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction Vol 36, N° 7 – novembre 2007 pp. 642-652)

2 UpToDate. Premenstrual syndrome – Epidemiology and pathogenesis of premenstrual syndrome and premenstrual dysphoric disorder, UpToDate. [Consulté le 20 mai 2011]. www.uptodate.com

3 Source: Martin Winckler

4 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2067759/

5 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2067759/

6 https://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/liste_ppp.pdf

7 https://www.liebertpub.com/doi/abs/10.1089/jwh.2015.5529?journalCode=jwh

8 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2656936?dopt=Abstract

9 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21241460

10 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19269753

11 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28179115

12 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26238568