LES VACCINS COVID-19, LE CHOIX ENTRE LA TRADITION ET LA GENETIQUE ?

 Depuis fin 2020, l’urgence vaccinale contre le virus COVID-19 est au cœur des actions de nos gouvernements pour enrayer la pandémie ; le vaccin serait « l’arme fatale » ou la solution de dernier recours.

Plusieurs laboratoires dans le monde ont développé des recherches sur un vaccin, dès le premier trimestre 2020 quand l’identité du virus a été connue par l’Institut Pasteur de Paris. Ce vaccin, tant attendu, est enfin proposé petit à petit, à la commercialisation, pour vacciner à grande échelle les populations (des pays développés, les autres attendront…).

Ces dernières semaines, vous avez dû entendre parler de plusieurs vaccins faisant l’objet de discussions serrées avec les Autorités de Santé de chaque pays, à savoir si celles-ci approuvaient l’utilisation desdits vaccins, et ce sur la base de dossiers d’études rapidement « montés » (études cliniques prouvant l’innocuité et la bonne tolérance du vaccin, son niveau d’efficacité, ses cibles de populations).

Vous avez été noyé (e) par les médias de bon nombre d’informations sur les différentes technologies de ces vaccins et leur efficacité. Malgré cela vous vous posez la question : « Quel vaccin choisir, si je me fais vacciner ? »

Cet article ne répondra pas à la question, il vous aidera peut-être à y répondre. Je veux ici vous décrire les différents vaccins qui vont être disponibles sur le marché en 2021, afin de nourrir votre réflexion « sur les risques, en toute objectivité, des vaccins « et que vous fassiez votre choix en « consommateur averti ».

Cet article ne veut pas non plus débattre de la question « vaccin ou pas ? », chacun chacune restant maître de ses choix.

Cet exposé résume les propos du généticien moléculaire Christian VELOT, chercheur à l’Université de Paris Saclay et membre du CRIIGEN (comité de recherches et d’informations indépendantes sur le génie génétique) ; vous trouverez le lien de sa vidéo « Les technologies vaccinales » « en date du 26 décembre 2020 en bas de l’article. »

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POURQUOI FAUT-IL ETRE PRUDENT AVEC UN VACCIN ?

Un vaccin ce n’est pas un médicament comme un autre, il s’inscrit dans une  démarche de prévention, nous prenons un vaccin sans être malade et nous ne voulons pas être malade, à cause des effets secondaires; nous avons vis à vis du vaccin une exigence de  sécurité supérieure à celle du médicament classique (car nous acceptons des effets secondaires du médicament par rapport à la balance  bénéfice-risque), exigence de sécurité comparable à celle de l’aliment que nous consommons pour notre plaisir et notre santé. Le vaccin se situe entre le médicament et l’aliment.

 

Le virus c’est quoi ?

C’est une coque de protéines, laquelle va renfermer le matériel génétique du virus, c’est ce qu’on appelle un virus-nu.

Virus-nu par opposition à virus-enveloppé, c’est un virus-nu qui comporte en plus une enveloppe constituée d’une bicouche de graisse, dans laquelle est enchâssées plusieurs protéines qu’on appelle la protéine de surface ; dans le cas du CORONAVIRUS responsable de la COVID-19, le SARS-COV-2, cette protéine de surface s’appelle la protéine SPIKE; son agencement et sa distribution a un aspect de couronne d’où le nom CORONAVIRUS. Cette protéine SPIKE permet l’ancrage des virus à la surface des cellules qui vont être infectées, pour qu’ensuite le virus pénètre dans la cellule et libère son matériel génétique.

Structure of the Coronavirus Virion-New England journal of Medicine

 

Le matériel génétique c’est quoi ?

Pour nous c’est l’ADN ; dans cet ADN, il y a des gènes qui détiennent le secret de fabrication des protéines, acteurs de tous les processus biologiques qui ont lieu dans nos cellules.

On ne passe pas directement du gène à la protéine ; il doit être convertir en ARN, intermédiaire entre le gène et la protéine, c’est « l’ARN messager » ; Ce processus de conversion de l’ADN en ARN s’appelle la TRANSCRIPTION ; Et l’ARN va être décodé pour pouvoir fabriquer une protéine, on passe du langage génétique contenu dans l’ARN en langage protéique, ça s’appelle la TRADUCTION ;

Pour les virus, le langage génétique est parfois de l’ADN ; le virus va transmettre à la cellule infectée son matériel génétique ; la cellule va transcrire l’ADN viral en ARN viral, puis traduire l’ARN viral en protéine virale, ce qui va permettre de multiplier la fabrication des protéines virales qui vont s’assembler pour créer des capsides virales avec du matériel génétique viral ; alors ces capsides en nombre vont sortir de la cellule pour aller infecter d’autres cellules etc…

Le virus va détourner la machinerie cellulaire à son profit pour se développer car le virus n’est pas autonome, il n’a pas la capacité de fabriquer ses propres protéines, il doit injecter son matériel génétique à la cellule.

Il y a des virus dont le matériel génétique n’est pas de l’ADN mais directement de l’ARN, c’est le cas des CORONAVIRUS ; L’ARN est directement pris en charge par le matériel de traduction, en protéines virales, et ce qui va permettre la multiplication des protéines virales etc.… même schéma qu’au-dessus.

SARS-COV-2 est un virus à ARN et est un virus enveloppé (couronne de la protéine SPIKE).

 

Le vaccin c’est quoi ?

Le vaccin consiste à entraîner notre organisme, stimuler notre système immunitaire, le préparer à faire face au virus, qu’il dispose d’un bagage d’anticorps dirigé contre l’agent infectieux, lorsque le virus sera là vraiment.

Le vaccin ce n’est pas nouveau, il en existe depuis longtemps :

  • 1er type de vaccin, celui qui consiste à injecter le virus entier sans donner la maladie, donc le virus sera désactivé par traitement chimique ou radiations « les vaccins inactivés ».

Inconvénient : assez peu immunogènes, donc on potentialise l’activité avec des adjuvants qui sont par exemples des sels d’aluminium, formaldéhyde qui ne sont pas forcément des molécules sympathiques… Il faut des injections répétées.

  • 2ème type de vaccin, les vaccins atténués on parle de « vaccins vivants », le virus est toujours entier, il n’est pas mort, on l’a rendu inactif, exemple c’est une souche mutante qu’on a rendu thermosensible, elle n’est plus capable de se démultiplier à la température de notre corps de 37°.

Avantage : ils sont plus immunogènes que les vaccins inactivés

Inconvénient : on prend une part de risque beaucoup plus grande, car les virus ne sont pas morts ; ces vaccins sont déconseillés aux personnes immunodéprimées, aux femmes enceintes, aux personnes fragiles.

Ce sont les 2 grands types de vaccins traditionnels.

  • 3ème type de vaccin, il existe d’autres vaccins à protéines recombinantes, fabriquées dans des cellules qui ne sont pas celles dans la vraie vie.

Idée : injecter non pas le virus entier mais UNE protéine du virus, notamment la protéine de surface d’un virus enveloppé, pour pouvoir déclencher la fabrication d’anti-corps; dans ce cas, on ne prend pas de risque puisqu’on injecte qu’une protéine et non un virus.

Cette technologie a déjà été utilisée pour les vaccins HEPATITE B (la protéine de surface) et PAPILLOMA VIRUS (protéine de la capside car virus-nu). On fait fabriquer par des cellules « industrielles » la protéine virale qui est utiliser après différents traitements en protéines vaccinales d’où son nom de protéine recombinante.

Voilà les vaccins qui existaient jusqu’à présent ; dans le cas de la COVID-19, il y a plus de 230/250 vaccins-candidats dans la course, une petite vingtaine qui seront prêts en courant 2021.

 

 

Quels sont ces nouveaux vaccins COVID-19 ?

  • Certains sont des vaccins inactivés, les vaccins chinois.
  • Il y a des vaccins à protéines recombinantes, entreprise NOVAVAX (protéine de surface), entreprise MEDICAGO (protéine de la capside produite dans des cellules de plantes= capside vide), entreprise SANOFI-PASTEUR.

Il y a une nouvelle génération de vaccins qui arrive…. les vaccins génétiques.

 

C’est quoi les vaccins génétiques ?

Ça consiste à injecter dans les cellules, le matériel génétique ou une partie du matériel génétique, qui détient le secret de fabrication de la protéine SPIKE, la protéine immunogène et ce sont nos cellules qui vont prendre en charge le matériel génétique pour le décoder et fabriquer elles-mêmes la protéine SPIKE.

 

  • Le matériel génétique c’est un morceau de l’ARN viral, ce sont les vaccins à ARN MESSAGER dont on entend beaucoup parler, les premiers arrivés sur le marché, exemple celui des deux entreprises associées PFIZER (américain) et BIOnTECH (allemand), utilisé en Angleterre depuis décembre 2020.

Le matériel génétique, que ce soit de l’ARN ou de l’ADN, ne peut pénétrer tout seul dans la cellule, il a besoin d’un transporteur, véhicule appelé vecteur.

Dans le cas du SARS-COV-2, ce vecteur est une toute petite particule de graisse, une nanoparticule dans laquelle on a emprisonné une partie du matériel génétique de SARS-COV-2 (fabrication de la protéine SPIKE), et on va injecter cette nanoparticule; nos propres cellules sont enveloppées d’une bicouche de graisse ( la membrane plasmique) qui facilement par même nature fusionnera avec la nanoparticule, qui pourra donc libérer son matériel génétique dans la cellule. Notre cellule prendra en charge, en le décodant, le matériel génétique et donc produira de la protéine SPIKE.

Ce sont les vaccins des laboratoires BIOnTECH et MODERNA.

 

  • D’autres vaccins génétiques sont des vaccins à ADN.

On utilise un vecteur qui est un virus, pas le SARS-COV-2 mais un autre virus, utilisé pour ses propriétés de virus c’est à dire injecter du matériel génétique dans les cellules.

Vaccins développés par ASTRAZENECA (Angleterre), et le vaccin SPOUTNIK (Russie) utilisent un virus recombinant, un adénovirus, virus ADN responsable des états grippaux. Ce n’est pas un virus très méchant, et en plus il a été désarmé : on a éliminé une partie de son matériel génétique et cette partie a été remplacée par du matériel génétique de SARS-COV-2 (fabrication protéine SPIKE). L’adénovirus va libérer dans nos cellules du matériel génétique hybride (recombinaison des matériels génétiques).

Mais il y a un souci car on veut insérer du matériel ARN à du matériel ADN, ce n’est pas possible ! Donc on l’a convertit !

Comment ? par la transcription grâce à une enzyme virale (ex-virus VIH) la transcriptase inverse, elle convertit ARN en ADN ; Bien sûr, cela est réalisé en laboratoire, et c’est ce nouveau morceau-copie « d’ADN » du SARS-COV-2 qu’on insère dans l’ADN du adénovirus-vecteur. Puis les cellules vont traduire cet ADN en protéine SPIKE….

 

Quels sont les risques potentiels de ces vaccins génétiques ?

  1. Risque d’insertion : les vaccins à ADN : on a des risques d’intégration de l’ADN vaccinant dans nos propres chromosomes. Le problème c’est qu’on ne maîtrise pas l’endroit où ça peut s’insérer. On a déjà des expériences malheureuses avec cette technologie, cf. les thérapies géniques (enfants avec maladies de gênes abimés), où il y a eu insertion, non voulue, dans des gènes de cancer, les oncogènes, malheureusement 2 cas sur 10, les enfants ont développé des leucémies, en plus avait été utilisé le même type de vecteurs des adénovirus. Ce douloureux process s’appelle la mutagénèse insertionnelle.

Là on va vacciner des millions de personnes, donc on ne peut pas prendre ce risque ! ….

 

  1. Risque d’immunotoxicité : toujours avec les vaccins à ADN : autre risque déclencher des réponses immunitaires inopportunes qui vont venir perturber la réponse vaccinale ; expériences réalisées, des essais d’immunothérapie anti-cancéreuse en Belgique, qui ont conduit à l’immunotoxicité (maladie auto-immune, réponse inflammatoire systémique fatale 1 personne sur 18).

Là on va vacciner des millions de personnes, donc on ne peut pas prendre ce risque!….

 

  1. Risque commun aux vaccins ADN et ARN : le risque de la recombinaison virale.

Les virus adorent s’échanger du matériel génétique, à condition qu’ils soient de même nature, c’est le phénomène de recombinaison, favorisé surtout quand les virus se ressemblent (de la même famille). On aura un virus parental-1 et un virus parental-2 qui donneront « naissance » à un virus recombinant-enfant qui pourra être plus ou moins virulent que les parents ; mais on ne sait pas comment ça va évoluer. Exemple, le virus H1N1 qui est un triple recombinant (souche grippe aviaire-grippe porcine et grippe humaine !).

Pour que ça arrive, il faut la rencontre dans une même cellule des 2 virus-parents, ce phénomène est extrêmement rare dans la nature, heureusement pour nous !

Mais, dès lors qu’on introduit du matériel génétique viral volontairement dans des cellules, on peut avoir la rencontre du matériel génétique vaccinant et d’un matériel génétique infectant, donc à venir l’apparition potentielle de virus recombinant. La probabilité de survenance est très  faible, peut-être 1 personne sur 100 millions, donc on peut penser que le jeu en vaut la chandelle, tant pis pour le malheureux! Mais cette position n’est pas recevable, il faut aborder le risque à l’échelle de la population et non pas à l’échelle de l’individu car si ce nouveau virus recombinant est encore plus virulent, il va se propager, il infectera très rapidement la population. Il suffit qu’un virus émerge UNE FOIS, quelque part pour que les conséquences soient colossales. C’est bien ce que nous a appris SARS-COV-2 !

La question, voulez-vous prendre ce risque ? Ne devrait-on pas utiliser une technologie vaccinale pour laquelle nous avons du recul ? Utiliser le vaccin chinois?

En tout cas, nous ne maîtrisons pas le virus de la COVID-19 plein de surprises symptomatiques, un virus imprévisible ! N’ajoutons pas l’imprévisibilité d’une technologie vaccinale à l’imprévisibilité virale, dans l’urgence, dans la compétition commerciale que se font les laboratoires.

Il existe aussi certainement d’autres stratégies de luttes antivirales à développer ?

 

Vidéo de Christian VELOT